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mercredi 13 novembre 2013

Afrique mémoire - 24 décembre 1999 : Premier coup d'Etat en Côte d'Ivoire.





Le 24 décembre 1999, Robert Gueï destituait le président Henri Konan Bédié et prenait le pouvoir en Côte d'Ivoire. Le rappel de ce que fut ce jour-là.

Rédigé par Léon-Martin MBEMBO on Déc, 24 2011 | Nom Jul, 08 2013 | http://suite101.fr/article/24-decembre-1999--premier-coup-detat-en-cote-divoire-a33051 


Jusqu’en début décembre 1999, la Côte d’Ivoire était comptée parmi les pays les plus stables d’Afrique. Mais, le 24 décembre 1999 s’ouvrait une parenthèse dans l’histoire de ce pays, qui jusqu’à ce jour peine à se fermer. Ce jour-là, un groupe des soldats s’est désolidarisé de l’armée et a créé une mutinerie dans le pays. Au départ, les revendications de ces mutins sont confusément relayées dans les médias. Tantôt, les journalistes parlaient d’une révolte de l’armée en vue d’exiger du gouvernement, l’amélioration des conditions sociales des militaires, tantôt ils parlaient des vétérans de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minurca) qui se révoltaient en vue d’obliger le gouvernement à payer leur solde. Malgré cela, le président de la République, Henri Konan Bédié, négligeait l’hypothèse d’un coup d’Etat. Il s’en convainc finalement lorsque le général Robert Gueï annonce sa destitution à la Radio Nostalgie.

L’hypothèse d’un coup d’Etat négligée par Bédié

Au départ, personne – et le président Henri Konan Bédié moins que tout autre – n’a voulu croire possible un coup d’Etat en Côte d’Ivoire. Dans le pays d’Houphouët-Boigny, stable depuis quarante ans ? Impensable. Aussi, les premiers coups de feu tirés près de la caserne d’Akouedo, à l’est d’Abidjan, n’émeuvent-ils que les voisins. Bédié, informé dès le début, ne s’en inquiète nullement et part, comme prévu, le 23 décembre vers son village de Daoukro pour fêter Noël en famille. Ce n’est que sur l’insistance de ses proches qu’il se décide à regagner Abidjan dans l’après-midi.



À ce moment-là, la situation est déjà passablement confuse et explosive. Des négociations sont menées par les ministres de la Défense et de l’Intérieur avec une délégation des mutins, conduite par le sergent-chef Boka Yapi, lequel expose les revendications de ses camarades. Les jeunes gens, vétérans de la Minurca, entendent obtenir le paiement d’arriérés de soldes et de primes et, au-delà, l’amélioration des conditions de vie des hommes du rang. Autrement dit, rien de bien grave. Cependant, les promesses ministérielles ne suffisent pas aux révoltés, qui exigent de traiter directement avec le chef de l’Etat.

Celui-ci ne mesure toujours pas la gravité de la situation malgré les avis de son entourage. Le mouvement s’amplifie. Plusieurs dizaines de soldats font irruption dans les principaux quartiers d’Abidjan, pillant les magasins et incendiant les voitures. Des badauds se joignent à eux. Des voitures particulières et des taxis sont “réquisitionnés”, la panique gagne toute la ville.

La prise du pouvoir par le général Robert Gueï

Dans la nuit, le Premier ministre, Daniel Kablan Duncan, présente un rapport catastrophique à Henri Konan Bédié, qui envisage de faire une annonce dans les médias, alors même que la radio et la télévision d’Etat sont tombées aux mains des mutins. Au petit matin du 24 décembre, ces derniers prennent le contrôle de l’aéroport, puis bloquent les ponts sur la lagune Ebrié, qui relient le Nord et le Sud de la ville. Abidjan est la proie des pillards, militaires comme civils, qui volent et incendient tout sur leur passage. Lorsqu’il reçoit le groupe de mutins conduit par le sergent Ibrahim Coulibaly, dit IB, à 7 heures, ce matin-là, le président a déjà reçu un appel du général Gueï, que les jeunes gens sont allés chercher presque de force. Celui-ci arrive bientôt au siège de Radio Nostalgie, pour y lire un communiqué. À cet instant, il se présente seulement comme le porte-parole des insurgés, mais annonce la destitution du président Henri Konan Bédié, la dissolution de l’Assemblée nationale, du gouvernement et des principales institutions de la République. Un Comité national de salut public (Cnsp) est mis en place. Il est composé de neuf officiers et sous-officiers, représentant pratiquement tous les corps d’armée. Il est présidé par le général de brigade Robert Gueï et comprend notamment l’intendant général Lassana Palenfo, le général d’aviation Abdoulaye Coulibaly, le colonel-major Mathias Doué et le sergent-chef Boka Yapi.

Le coup d’Etat ovationné à Abidjan

Dès l’annonce de destitution du président Henri Konan Bédié sur la Radio Nostalgie par le général Robert Gueï, dans les rues d’Abidjan les explosions de joie ont commencé. Elles révélaient au grand jour le pourrissement latent de la situation politique du pays et, surtout, le ras-le-bol de l’opinion devant un pouvoir qu’elle jugeait ouvertement xénophobe et corrompu. Il apparaissait presque clairement que Bédié, l’intelligence obscurcie par la crainte de devoir se confronter à son grand rival politique, Alassane Dramane Ouattara, a conduit, au vu et au su de la communauté africaine et internationale, son pays à la dislocation politique et partant, à une faillite économique certaine.

Henri Konan Bédié s’exile

Vers midi, Henri Konan Bédié comprend enfin que la partie est perdue. Il peut se féliciter de s’être installé, après son retour précipité de Daoukro, non à la présidence, mais dans son bureau situé dans l’ancienne résidence de Félix Houphouët-Boigny, refaite à neuf. Cette dernière est discrètement reliée par un couloir à la résidence de l’ambassadeur de France. Accompagné par toute sa famille et ses proches collaborateurs, soit une trentaine de personnes au total, il demande à être exfiltré de Côte d’Ivoire. Les militaires français vont se charger de cette délicate opération, le départ aura lieu deux jours plus tard.

C’est fini, le président de la République Henri Konan Bédié, successeur désigné d’un père de la nation l’ayant probablement surestimé, qui gouvernait son pays avec beaucoup de nonchalance mais au mieux de ses intérêts personnels, est tombé.

Sources :

(1)-  http://www.ina.fr/histoire-et-conflits/autres-conflits/video/CAB00054916/coup-d-etat-de-robert-guei-en-cote-d-ivoire.fr.html

(2)- http://www.talassa.org/politique/763-10eme-anniversaire-du-coup-detat-du-general-robert-guei

(3)- http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAHS02p022-025.xml0/



Gabon : Audience accordée le 5 novembre 2013 par le président Ali Bongo Ondimba à son Excellence Henri Konan Bédié, ancien Président de la Côte d'Ivoire.

Images :  http://www.youtube.com/watch?v=I7N5IXPgolQ&feature=youtube_gdata








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