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mercredi 22 janvier 2014

Gabon : Les fondements du problème Fang.







 De Martin EDZODZOMO ELA

LA QUESTION FANG et la MANIPULATION Ethnique de l’impérialisme coloniale et néocoloniale et les élites compradores
 africaines de « la politique du ventre », 
en lutte pour le pouvoir.


« Les Pahouins arrivent. » Ce cri éveillait autrefois chez les Nègres de la côte, comme chez les Européens, presque autant d’effroi que dans la Rome antique : « Hannibal ante portas ! » (Hannibal est dans nos portes !) Il est établi aujourd’hui (en 1905) que les Pahouins ne méritaient pas tout à fait d’inspirer pareille épouvante. Toutefois, aussi bien par leur masse et leur puissance d’attaque que par leur culture, restée relativement intacte, ils sont dignes de retenir l’attention, y compris celle des Blancs, car, menés avec perspicacité et solidement encadré au sein d’une organisation politique, ils pourraient constituer une force capable de mettre en péril la colonisation européenne, ou du moins d’en gêner le développement à long terme. 


En résumé, peu travailleurs et facilement pillards, les Fangs constituent plutôt un élément de trouble que de progrès.
Dans les régions où ils ont conservé le mieux leurs caractères, ils se font remarquer par leur grande taille, leur teint clair, leur nez aquilin. En des points du Congo, dont ils forment actuellement une importante partie de la population, ils portent encore des vêtements d’écorce. Certaines de leurs tribus, telle que les Ossyeba de l’ouest, étaient naguère très belliqueuses et passaient pour anthropophages. Elles se sont assagies depuis, et leur nombre y augmente avec rapidité. 

“Nous avons fait en sorte que les Fangs ne prennent pas le pouvoir. Pourquoi ? Parce que les Fangs, très entreprenants, auraient dominé tous les autres groupes.” 

La chance de Bongo, c’est leur incapacité à former un front uni. Ils ont toujours été divisés, pour des raisons tenant aux individus, aux ambitions personnelles. Aucun Fang n’a pu ou su prendre un véritable leadership sur les siens. Politicien rusé, habile, Bongo a joué de leurs rivalités, a composé avec les uns et les autres suivant les circonstances.

Ainsi, les régimes protégés par la France en Afrique sont fondés sur des haines ethniques, attisées comme instruments de division du peuple. On évoque dans les arcanes politiciennes du PDG le “TSF ; Tout sauf les Fang”. Ce que le candidat fang Casimir Oye MBA avait confirmé le 26 août à RFI : “Je pense que mes anciens camarades, les trois, quatre ou cinq hiérarques du parti qui le contrôlent, sont animés de la fameuse idéologie du TSF, “Tout sauf les Fang”. Je pense que c’est ce qui en partie le fait que ma candidature ne trouvait pas grâce à leurs yeux. Il paraît que les Fang font peur. 

Voilà le fondement du problème fang au Gabon. La politique coloniale et néocoloniale au Gabon prend tout son éclairage. Le colonisateur hier du territoire d’exploitation, et le néo colonisateur aujourd’hui, de l’Etat patrimonialiste françafricain ; n’auront de cesse pour empêcher l’aversion des Fangs et leur ’émancipation au sein de l’ensemble national gabonais, non pour protéger les autres Gabonais de la prétendue domination, argument fallacieux et mensonger ; mais, comme l’a si bien noté l’ethnologue allemand, Günther Tessmann, par ce que, menés avec perspicacité et solidement encadrés au sein d’une organisation politique, les unissant avec les autres groupes patriotes qui avaient eux aussi bravé parfois plus héroïquement que les Fang le colonisateur, à l’exemple de grands patriotes issus des autres peuples de la colonie gabonaise : je citerais MOMBE du peuple Mistsogho, MAVURULU du peuple Punu. Ou encore ces onze chefs Sangha-Sangha exécutés sans procès à Viel dans le Bas-Ivindo en 1908. 
La vérité de l’antagonisme du colonisateur français envers le peuple fang, c’est que les Fangs constituent plutôt un élément de trouble que de progrès de la colonisation pour le colonisateur ; et du néocolonialisme pour le système mis en place avec la pseudo-indépendance octroyée en 1960 (la Françafrique)...

Aujourd’hui encore, on tente de faire renaître, par une propagande insidieuse, la prétendue terreur fang, pour empêcher les jeux réguliers de la démocratie qui devraient s’effectuer par expression libre de la volonté populaire.

Ethnie : mythe et réalités et de sa manipulation par les classes compradores.

Rappelons avant d’entrer dans notre propos que manipuler, c’est orienter, influencer, utiliser un individu en lui donnant aucun élément ou le moins d’éléments possibles sur le but poursuivi, sur l’exploitation qui sera faite des renseignements obtenus.

Dans un article intitulé : « Du bon usage de l'ethnicité » paru dans le Monde Diplomatique - juillet 1994 ; Catherine Coquery-Vidrovitch, professeur à l'Université Paris VII-Denis-Diderot, écrit: « Sait-on, d'abord, l'histoire du terme « ethnie » ? Il serait apparu en 1787. (...) Jusqu'au XIX siècle, le sens était aussi précis qu'il est oublié aujourd'hui : celui de « païen » (dictionnaire Littré). Les « ethnies » étaient les peuples non chrétiens : autant dire, à l'époque, les sauvages (la seule « civilisation » alors digne de ce nom étant la civilisation judéo-chrétienne...). C'est dans les années 1880, avec l'apparition de l'impérialisme colonial, que le mot est récupéré par l'ethnographie. (Le métier d'ethnologue apparaît en 1870). Le concept d'« ethnie » est alors popularisé par les scientifiques allemands, à partir d'étnikum ; on quitte, pour désigner les « non-civilisés », le domaine strictement religieux ; mais, à travers les thèses pseudo-scientifiques en vogue à l'époque, une confusion évidente s'établit entre les sens racial, linguistique, et psychosocial. (...) 

Et pour Samir Amin, dans son ouvrage: - La faillite du développement en Afrique et dans le Tiers-Monde – L’Harmattan, 1989, p152-154 :« L'ethnie ne constitue pas plus que la "race" ou quelques autres "non-réalités", inventées pour la cause, le fondement de l'organisation sociale des mondes précapitalistes.» « Les pratiques de la domination coloniale ont eu une part déterminante dans la "création" de la "réalité ethnique", en Afrique particulièrement. Pour dominer de vastes régions, souvent désorganisée…, les colonisateurs avaient besoin de "réorganiser" et surtout de trouver à cette fin des intermédiaires locaux. A défaut d'Etats, de classe tributaire ou "féodale", les colonisateurs ont inventé des "chefs" et les ont affublés d'un pouvoir qu'ils n'avaient souvent pas. Mais "chefs de quoi" pouvaient-ils être ? C'est alors que de mauvais anthropologues amateurs, mais bons serviteurs de la colonisation, militaires et civils, ont inventé des "ethnies" (plus francs à l'époque, on disait les "races", ou les "tribus").

L'anthropologie professionnelle a repris sans grand esprit critique ces inventions. L'histoire de ces inventions a été écrite avec beaucoup d'humour, en ce qui concerne les Bambara et les Bété (mais on pourrait en dire autant des Ibo, des Fang et de bien d'autres ...). Dans les plus tragiques - pour les peuples en question - la colonisation a associé l'invention ethnique à la mise en place de systèmes sauvages d'exploitation, affublés aujourd'hui du titre de "traditionnels"! J.-P. Chrétien a montré comment le colonisateur belge et l'Eglise catholique associés ont inventé les "Tutsi" et les "Hutu" : curieuses ethnies qui ne se distinguent "ni par la langue, ni la culture, ni l'histoire", dit-il. La domination féodale tutsi a été ainsi créée de toutes pièces par les Belges, puis justifiée par une théorie raciste sans base (la fameuse distinction Hamites-Bantous).

 L'« idéologisation » de l'ethnie utilise platement le racisme. L'ethnie - on disait la « race » - est supposée exister par elle-même, antérieurement à la conscience ethnique des intéressés eux-mêmes. Elle définit des qualités substantielles dont on nous a donné maintenant, pour quelques cas, descriptions pleines d'humour sain : les X ou les Y sont "intelligents" ou "idiots", voués à l'agriculture ou à la pensée abstraite, etc. , selon les besoins du pouvoir colonial. L'histoire ne peut être remontée dans le temps. Par conséquent, produit de la colonisation ou pas, si l'ethnie existe, il faut le reconnaître et en tenir compte. Mais existe-t-elle véritablement, et où ? Ici, la vérité des situations est la règle ; et rien ne peut être substitué à "l'analyse concrète des situations concrètes", comme on dit. Dans certains cas, il paraît évident que la réalité ethnique - fut-elle fausse réalité - est donnée de la politique actuelle. Mais qu'on y regarde de près et l'on verra que, dans la plupart des situations, cette réalité est manipulée par les clans qui sont en compétition pour le pouvoir au sein de la classe dirigeante. Le cas le plus exemplaire du genre est fourni par le Zaïre, le Rwanda et le Burundi. Dans ces deux derniers pays, l'idéologie quasi raciste de l'opposition Tutsi-Hutu été intériorisée par les classes dirigeantes.

 La colonisation belge et l'Eglise catholique avaient favorisé à l'extrême une domination "féodale" créée par elles et baptisée "tutsi". Plus tard, la nouvelle petite bourgeoisie scolarisée, aspirant à prendre le relais des "féodaux" dans le cadre néo-colonial nouveau, a revendiqué l'ethnie "hutu" et, colonisation et Eglise changeant leur fusil d'épaule, a été soutenue par l'impérialisme dans la mise en place du régime rwandais post-indépendance. Comme C. Vidal l'a montré, "l'alibi ethnique" a été manipulé par les clans petit-bourgeois en conflit pour le pouvoir. » 

Pour détruire un peuple ou une nation, il n'est pas nécessaire de l'ensevelir sous les bombes. Il suffit de dresser les enfants contre les parents, et d'opposer les femmes contre les hommes. Il suffit de supprimer le sens de la solidarité communautaire, il suffit aussi d'empêcher la communication, c'est-à-dire le dialogue parmi les membres. Le colonialisme qui avait précédé n'avait pu triompher dans notre pays qu'après avoir réussi la destruction des structures naturelles et traditionnelles de notre nation, de ses croyances, de ses modes de vie, de sa morale, bref de sa culture. 

Dès lors, le rétablissement du lien social ainsi brisé devient pour notre Nation une nécessité vitale. Le combat pour la survie de notre peuple passe donc par un rejet complet du système, du régime qui perpétue le système et des agents qui, maintenant le régime politique antinational, servent leurs intérêts égoïstes et les intérêts du centre du système, contre ceux légitimes du peuple gabonais. C'est le sens et l'un des objectifs de la révolution que nous devons entreprendre tous ensemble, en prenant l'engagement ferme et révolu d'inverser le cours actuel des choses par la formulation des termes d'une autre politique de développement endogène, qui marque une rupture avec le passé que pérennise le système actuel.

Nous le pouvons si nous prenons conscience de certaines réalités souvent mal perçues par notre peuple. La première de ces réalités est que le Gabonais est pauvre, contrairement à une idée qui a été inculquée dans la mentalité de nos compatriotes. Nous devons savoir que, si la terre gabonaise est une terre qui a beaucoup de richesses naturelles que les pays occidentaux collectent à l'état primaire depuis le XVe siècle, cela veut dire qu'il nous faut d'abord reprendre la maîtrise de ces richesses nationales, avec des hommes compétents et sérieux poussés par un profond sens patriotique, des capitaux et un savoir-faire ; le Gabonais peut rapidement se hisser au niveau des autres nations riches, tirant de leurs ressources un développement pour la plus grande majorité de la population.

 Ensuite, nous devons nous rendre à l'évidence que l'indépendance n'est pas une fin en soi, mais un moyen ouvrant l'accès vers la libération nationale, c'est-à-dire la prise en main de soi par soi. Et puis, que le Gabon ne sera jamais construit par les étrangers quels que soient par ailleurs les liens affectifs, culturels et personnels qui l'attachent à eux et les termes du contrat moral propre à définir les partenariats même de type nouveau entre notre pays et la communauté internationale. 

Ainsi, nul autre que le Gabonais ne pourra prendre en main son destin. Les Gabonais, et eux avant tout, doivent avoir l'initiative dans la solution de leurs problèmes. Ajoutons une autre certitude, à savoir qu'aussi longtemps que les Gabonais n'auront pas confiance en eux-mêmes, en leurs frères et sœurs, en leurs cultures, en leurs capacités et leurs valeurs, ils n'exploiteront jamais le gisement de créativité et d'inventivité qui sommeille en eux comme en tout peuple. 

Enfin, une autre certitude doit être présente dans la pensée du Gabonais aujourd'hui : celle-ci que les trois décennies de difficultés, d'erreurs, de tâtonnements, de contre-performances sur tous les points qui ont déconsidéré notre pays n'auront pas été vaines, si nous avons le courage d'en dresser le bilan critique, de faire notre examen de conscience, de reconnaître nos insuffisances et nos faiblesses et d'en tirer, avec humilité, toutes les leçons en vue d'un nouveau départ. Nous avons été jusqu'ici victimes de mille impostures. 

Aujourd'hui, au lieu de nous laisser abattre par le découragement, nous devons nous affermir. Surtout, nous devons nous demander à quel carrefour nous nous sommes trompés. La sagesse consiste à agir à temps, à devancer les contraintes, sans se laisser acculer. Si nous ne réagissons pas à temps, nous irons tout droit devant de plus grandes impasses. À l'analyse approfondie des fautes que perpétuent les dirigeants par les actes qu'ils posent, nous avons souvent tendance à substituer de simples affirmations. Nous appuyons sur des sophismes des analyses superficielles des circonstances du moment.

L’éternelle histoire de « haine fratricide »

La crise grave qui a résulté des élections d’octobre 2009 a plongé notre pays et mis ses dirigeants dans une impasse. Ils ne peuvent pas trouver d'issue à cette position dans laquelle ils s’enfoncent chaque jour. Avec ce système, pour les dirigeants au pouvoir, l'idéal de vertu en politique s'est transformé en cynisme ; et pour le peuple, la résignation et la peur en prudence. C’est ainsi que les Gabonais qu’ils soient de la clique au pouvoir, qu’ils appartiennent à l’élite intellectuelle « embarquée » ou non, ou qu’ils appartiennent au peuple des « MAKAYA », se retrouvent aujourd'hui tous devant un dilemme : rompre avec le système institué sous le défunt Président Omar Bongo Ondimba, ou se démettre devant l’exigence de démocratisation, c’est-à-dire de libération et de développement économique de notre pays. 

En réalité, ce n'est certes pas l'absence de lucidité qui nous caractérise dans la situation critique actuelle que connaît notre pays, mais l'absence de courage. Décrépitude des partis « officiels » de l’opposition au régime, implosion lente « l’UMP Mangeoire » … 

Le Gabon traverse une zone de grandes turbulences depuis la mort d’Omar Bongo Ondimba. Il n’est pas vain de penser que si les incertitudes actuelles persistent, il pourrait gronder un jour, un désir de révolution afin d’arriver aux changements. Il est admis dans l’histoire que « les situations bloquées ne progressent que par rupture ». 

De quoi s’agit-il à l’heure actuelle ? Pour moi, le pays et le système en place sont victimes du conflit issu de la rivalité entre AMO et ABO, pour la succession à la Présidence de la République. En effet, de la querelle des résultats de l’élection de 2009, il en est résulté en une dramatique histoire qui s’apparente à l’éternelle histoire de «haine fratricide »

Le pays tout entier, la nation gabonaise tout entière, est aujourd’hui gravement victime de la rivalité des deux « enfants putatifs, gâtés » du défunt Président de la République gabonaise Omar Bongo Ondimba : André Mba Obame et Ali Bongo Ondimba. Il était universellement connu qu’à la fin de sa vie, le Président Omar faisait de moins en moins confiance à la grande majorité de son entourage, à l’exception de ses deux fils désignés Ali Bongo Ondimba et André Mba Obame. Ainsi encadrés par le pouvoir de fait la France, l’un était responsable du Ministère de la Défense, détenteur « des fusils », et l’autre en charge du Ministère de l’Intérieur, responsable de la Police et de l’administration du territoire : deux Ministères régaliens devant assurer la protection du « père » et la stabilité du régime. 

Sans revenir sur la querelle électorale pour la succession du père, nous résumerons la situation qui en est résulté, en une image triviale qui se résumerait ainsi : L’élection était une compétition à laquelle participaient plusieurs protagonistes, parmi lesquels trois acteurs s’étaient trouver en tête : et entre lesquels l’arbitre, comme tout match, qu’il soit de boxe, de foot, ou d’un tout autre sport de combat devait déclarer le vainqueur. 

Et l’arbitre de circonstance, « Dame la Cour Constitutionnelle) a déclaré Ali Bongo Ondimba vainqueur. A des autorités françaises qui me présentaient la chose ainsi schématisé, j’avais rétorqué en disant : Parlant de match et d’arbitre, et avec les irrégularités que vous admettez avoir été enregistré, vous voulez signifier qu’Ali Bongo à été déclaré vainqueur par l’arbitre, malgré les irrégularités comme l’Argentine l’avait été comme champion du monde avec le fameux but à la main de Maradona, tout à fait irrégulier, mais accepté par l’arbitre ? C’est en effet ce que l’on pourrait en quelque sorte dire, l’arbitre du match électoral, la Cour Constitutionnelle ayant déclaré le candidat Ali Bongo Ondimba vainqueur !...

Rappelons en effet que, dès le lancement de la campagne deux slogans circulent dans la population. Dès l’annonce, qu’Ali Bongo était le candidat du PDG, le “Tout sauf Ali” est lancée par la classe politique dans son ensemble. Un autre slogan va lui aussi circuler d’une manière plus diffuse : “TSF ; Tout sauf les Fang”. 

Le candidat fang Casimir Oye MBA confirmera le 26 août à RFI : “Je pense que mes anciens camarades, les trois, quatre ou cinq hiérarques du parti qui le contrôlent, sont animés de la fameuse idéologie du TSF, “Tout sauf les Fang”. Je pense que c’est ce qui en partie le fait que ma candidature ne trouvait pas grâce à leurs yeux. Il paraît que les Fang font peur. » 

Entre les hommes politiques, tous les coups sont parfois permis, surtout quand les protagonistes appartiennent au même camp. Dans la lutte politique, il semblerait que tout irait bien s’il ne s’agissait que de l’affrontement avec des adversaires. Hélas il arrive que l’on se trouve parfois à faire à des camarades qui deviennent souvent des pires ennemis. Pourquoi cette rivalité entre les deux « frères », et de plus « camarades » du même parti politique, le PDG, déchaîne-t-elle tant de cruauté ? 

D’abord parce que les membres d’une famille politique sont traversés par les mêmes tourments que ceux d’une même famille biologique. C’est la tragédie biblique Abel et Caïn ; deux frères qui devraient s’aimer. Mais que la jalousie conduit l’un à tuer l’autre.

La jalousie, moteur de la haine au sein des familles ! Pour la psychanalyste Danielle Dalloz : « La première période de la vie est placée sous un régime de symbiose avec la mère qui amène à croire que celle-ci est tout pour nous, alors nous sommes tout pour elle. Quand nous découvrons que notre mère a une vie en dehors de nous, notre jalousie peut être transformée en une ouverture aux autres ou bien se changer en haine. La vie politique remet en scène cette situation originelle : les plus infantiles de (nos) responsables politiques veulent se considérer à tout prix comme uniques et se livrent à des passions haineuses contre ceux qui se trouvent dans leur famille. » De là découlent des querelles d’héritages. 

En France par exemple : Laurent Fabius et Lionel Jospin se disputaient d’abord l’amour de François Mitterrand, avant de chercher à en capter l’héritage. La lutte entre Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy pouvait se lire comme un affrontement des fils – l’un préféré l’autre maudit- de Jacques Chirac. Issus d’un même père, plus ou moins imaginaire, ils ont cherché à accéder à leur tour à une fonction symbolique paternelle. Quand l’un d’eux seulement est parvenu à ses fins, il a provoqué la haine chez l’autre. 

Il faut ajouter que la proximité induit de la férocité de façon spécifique. C’est du narcissisme de la différence chez Freud. Plus petite est la différence entre deux êtres, plus elle génère des divergences parce qu’elle est irréductible et signifie que nous sommes des individus séparés les uns des autres. Un mécanisme qui concerne toutes les communautés mais qui se révèle avec force dans le champ politique. Ses responsables ne sont pas des animaux à sang froid. Quand ils prétendent incarner les mêmes valeurs, l’affect et l’émotion l’emportent sur la raison. 

Voici dans quel cadre il faut placer la rivalité des deux “fils putatifs ” du défunt président Omar Bongo Ondimba que sont ABO et AMO ! La haine surgit toujours quand les antagonistes, préférant la victoire à la bataille, doivent éliminer leur adversaire. Au contraire, quand les ennemis privilégient le débat au résultat, ils se respectent. Aujourd’hui, la haine l’emporte chez les deux “frères ” ABO et AMO, parce qu’ils ont moins le désir de construire ensemble un monde commun que la passion d’acquérir l’objet de leur désir : le pouvoir. 

ABO et AMO, en prétendant afficher leurs différences se comportent de la même façon haineuse. Ainsi, ils versent tous deux dans une forme de mimétisme, obsédés qu’ils étaient par la quête du pouvoir. Mais, en préférant l’un et l’autre l’objet de leur désir (le pouvoir) à la joute, ils n’expriment que de la haine.

Ethnie et l’édification de la Nation gabonaise.

L'alibi ethnique est à chaque fois manipulé par les individus et les clans en concurrence au sein du système, alors qu'il n'est pas prouvé que l'ethnisme a été réellement intériorisé par la grande masse du peuple manœuvrée. C'est ainsi que l'hydre de l'ethnicité et de l'ethnisme est toujours prêt à renaître dans notre pays. Elle réapparaît en effet chaque fois que la classe dirigeante locale s'effrite, quand la faille atteint le degré de l'insupportable, comme c'est le cas en ce moment. 

Cependant, le pouvoir néocolonial plus ou moins stabilisé, comme celui de notre pays, est fondé sur une classe dirigeante plus ou moins unifiée à l'échelle de l'Etat ; cette classe est largement transethnique. Classe compradore dans son ensemble, elle lie son sort à celui de l'Etat qui lui sert de moyen d'exercice de son pouvoir local. Sans doute les individus qui composent cette classe dans notre pays cherchent-ils souvent à se « faire une clientèle » dont ils s'attribuent le monopole dans leur région d'origine et, faute de pouvoir et de vouloir utiliser des moyens politiques « normaux » (la défense des intérêts sociaux de la majorité de la population nationale, le conflit sur les programmes politiques, etc., sont absents dans le système où prévaut la doctrine du parti unique, pseudo-parti de masse au service du développement compradore), ils font appel aux solidarités ethniques ou pseudo- ethniques. 

Ce genre de manipulation reste en réalité limité dans ses effets et ne prend parfois de proportions graves qu'en cas de faillite globale et d'accentuation des conflits de « succession » à un pouvoir failli, lorsque l'impérialisme lui-même paraît décidé à changer de cheval.
Dans De la Démocratie au Gabon ; Éditions Karthala, 1993, j’écris : - « Pour moi, je le répète : La politique est une œuvre collective, permanente, une grande aventure humaine. Elle a des dimensions sans cesse nouvelles et élargies. Elle concerne à la fois la vie quotidienne et le destin de l’humanité à tous les niveaux. La politique est en quelque sorte « englobant majeur » des différents secteurs de la vie en société : économie, vie de famille, culture, environnement. Elle est en tout, mais n’est pas tout. Le souci premier des acteurs politiciens gabonais, et les élites intellectuelles de ce pays, devrait être d’apporter plus de civilisation (civilisation, terme qui désigne l'ensemble des croyances, des conventions sociales et l'état d'avancement matériel qui caractérisent une société ; le progrès spirituel et matériel dans tous les domaines, allant de pair avec le développement moral de l’individu et de l’humanité.) C’est pourquoi, dans mon aspiration à une société démocratique, je place l’être et le devenir de l’homme, c’est-à-dire l’individu gabonais au centre de mes engagements préoccupations politiques. L’état ou la condition de son existence, sa personnalité, sont l’objet de mes préoccupations dans l’action politique. » La culture qui est la somme de connaissance à élever l’individu moralement et intellectuellement, est donc pour moi, un élément fondamental dans le processus de développement  de notre pays.

On entend par culture l’ensemble des aspects intellectuels propres à une civilisation, à une nation, à un peuple. C’est aussi l’ensemble des formes acquises de comportements au sein d’un groupe humain. La culture est une classification du monde qui nous permet de nous y orienter plus facilement. C’est la mémoire du passé propre à une communauté. Ce qui implique aussi un code de comportement dans le présent, voire un ensemble de stratégie pour l’avenir. Et tout comme on ne peut apprendre l’amour « universel » qu’en passant par l’amour de ses proches, on ne peut accéder à l’esprit universel que par la connaissance d’une culture particulière : ce qui est vrai de l’affectif l’est aussi du cognitif. La religion, la langue, les institutions politiques sont autant d’éléments de l’esprit d’une nation (sa culture). La culture est comme une langue qui permet d’accéder à l’universel. Le savoir qui alimente une culture se distingue d’un autre non seulement par un mode de production de biens sociaux et d’échanges, par l’état de sa technique, par l’aménagement de son habitat, par ses règles de parenté, par ses croyances et ses œuvres artistiques, mais aussi et encore par une certaine configuration de traits psychologiques, qui apparenteront les individus les uns aux autres, en dépit de leurs différences de caractères et de situations sociales. 

Ces traits psychologiques font que les individus subissent et acceptent les mêmes interdits, partagent les mêmes répressions et les mêmes gratifications ; obéissant aux mêmes affects, ils éprouvent les mêmes besoins, s’exposent aux mêmes conflits, élaborent des réponses ou des défenses semblables pour maintenir le même moi, établissent enfin des images analogues d’autrui et d’eux-mêmes visées dans la mémoire de l’autre. La constitution de la personnalité, autrement dit de l’individualité, se découvre dans le processus d’éducation de l’enfant : (rapports avec ses parents, avec les autres membres au sein de la cellule familiale qui est son premier environnement). Aussi loin qu’on remonte dans l’histoire de l’homme et dans toutes les sociétés humaines, on retrouve toujours la présence d’un environnement culturel, et la dépendance des hommes par rapport à cet environnement.

En ce qui concerne notre société gabonaise, il est donc important et utile que nous soyons en mesure, pour notre développement, de comprendre les diverses transformations subies par nos cultures nationales, afin d’éclairer les diverses modifications à apporter pour l’édification d’une société cohérente dans ses structures traditionnelles de base pour « le vivre ensemble » de ses membres : telle que la famille, la tribu, ou si on veut l’ethnie. Ses fondements juridiques, ses institutions politiques et administratives, ne peuvent pas faire l’impasse sur ces réalités.

Nous devons être en mesure de cerner et de comprendre les comportements de l’homme gabonais, face aux agressions inhérentes à toute société humaines : conflits de toutes sortes, violences diverses, et toutes les névroses, afin de maîtriser le processus de sécurisation de son « égo », au sein de la société nationale en construction. Des enquêtes, des études et autres recherches menées par nos sociologues, nos psychologues et autres savants gabonais des sciences humaines, permettraient seules, d’appréhender ce champ d’investigation dont la connaissance est utile et indispensable pour l’édification, sur les ruines de la société coloniale, d’une société humaine moderne, démocratique pour laquelle, tout Gabonais devrait s’atteler.

L’exigence pressante, actuelle, de l’homme gabonais, pour plus de liberté, pour plus d’égalité, le conduira indubitablement à vouloir se redéfinir, d’une façon ou d’une autre dans son individualité propre, mais aussi en tant que groupe humain autonome, dans le contexte actuel du modernisme mondialisé. Il lui faudra retrouver et développer sa vie en tant que groupe culturel, c’est-à-dire par rapport à sa tradition. Car, la vie est impossible sans père ni mère, autrement dit : sans tradition. Ainsi, dans l’expression de sa liberté retrouvée, l’homme gabonais, l’individu gabonais se retrouvera contraint « d »un retour circulaire à la case départ » de ses origines : à ses origines ancestrales : à un « révolver », à une révolution existentielle. Ce mouvement intellectuelle est le seul susceptible de libérer le gabonais de son aliénation due aux siècles de colonisation et aux décennies de néocolonialisme actuel. L’aliénation qui l’a conduit jusqu’à jusqu’au rejet de ses valeurs traditionnelles, qui sont des valeurs culturelles et donc de civilisation, encrées au sein de nos société ethniques. 

C’est en reconstruisant notre « être », notre « personnalité » propres- toutes choses enfouies dans le plus de nos traditions ethniques – que nous nous redécouvrirons les valeurs propres pour le « nouveau vivre » ensemble au sein d’une société démocratique. La fonction, le rôle de « l’ethnie » au sein de la nouvelle société gabonaise, démocratique devient fondamentale, car récipiendaire de nos cultures. Nous ne pouvons pas parler de démocratie en détruisant l’homme, l’individu gabonais qui constitue le « démos ». 
En effet, la démocratie postule le respect de chaque membre de la société, de chaque individu, et donc de la « réalité » dont cet individu a conscience. Dans une démocratie, le contenu politique et le mécanisme qui le met en place est inséparable du sociétal. Il est fonction de celui-ci et agit en lui naturellement. C’est pourquoi, le paradigme de la vraie politique de notre pays ne peut occulter la réalité ethnique qui est une donnée culturelle dans notre pays. Dans nos sociétés traditionnelles, chaque individu membre ou étranger, avait sa place bien définie. Il avait la connaissance claire de ses droits, mais aussi de ses devoirs envers les autres. Il savait par exemple quel était son rôle selon qu’il était, fils, neveu, frère (ainé ou plus jeune), père, oncle, grand parent, etc. Le rôle de chaque statut était bien définit. Ce qui donnait des rapports de cohabitation plutôt cohérent et harmonieux. La société (tribale, clanique ou ethnique) holiste était très contraignante pour ses membres, mais elle était aussi de ce fait beaucoup plus sécurisante. Dans nos sociétés traditionnelles, des compromis acceptables entre contrainte et sécurité étaient négociés quand cela était nécessaire.

C’est au sein de nos cultures ethniques que se trouvent les réserves fondamentales des valeurs humaines de civilisation des peuples qui composent la nation gabonaise. C’est la somme de ces cultures qui constitue le socle culturel de notre nation. 

Je voudrais relever avec insistance, tout d’abord que le Gabon est qu’on le veuille ou non, la terre, la patrie des peuples ou groupes ethniques : 1.-Adouma; 2.Akele ; 3.Apindji ; 4.Banjabi; 5.Bpounou; 6.Bavia ; 7.Bavove; 8.Barama ; 9.Bavoungu; 10.Bawandji ; 11.Bekwele ; 12.Benga ; 13.Bibayak; 14.Eshira ; 15.Fang ;16.Kaningi ; 17.Kota ; 18.Lumbu ; 19.Makina ; 20.Mahongwe ; 21.Massango; 22.Mitsogo ; 23.Ndoumou ; 24.Ngowe ; 25.Ngwé–Myené; 26.Obamba ; 27.Okandé ; 28.Simba ; 29.Shamaye ; 30.Sekiani ; 31.Shaké ; 32.Teke ; 33. Tsengui ; 34.Vili. (Source LUTO. Revue Gabonaise des Sciences de l’Homme N° 2 – décembre 1990).-

La Culture authentique nationale gabonaise doit s’édifier sur la base des apports fondamentaux de ces peuples, qui ont pour Patrie, la terre gabonaise. 

Ma conviction profonde est que, du point de vue culturel, cette abondance linguistique est une vraie richesse, un patrimoine culturel inestimable. C’est dans ce champ que sont enfouies les valeurs nécessaires à l’édification d’une société riche et dynamique. J’ai la très ferme conviction que c’est de ces entités nationales gabonaises que c’est de ces groupes ethniques ou linguistiques ci-dessus cités, que le Gabon se fait en sa culture. Et c’est de l’union de toutes ces familles - chacune avec ses rites, ses danses, ses interdits, bref son sacré – que se formera le rite, l’interdit, le sacré national gabonais. C’est à ce niveau qu’il faut entendre le sentiment patriotique qui doit animer le gabonais. Il faut savoir que le concept de « patrie » n’est pas quelque chose de théorique, d’imaginaire, une abstraction. C’est part l’attachement à sa terre, à ses racines que le Punu de Moabi se sent Gabonais. La patrie est charnelle, faite de sens et d’émotions, de l’attachement à la terre des ancêtres. Le sentiment patriotique dès lors qu’il s’affirme par une solidarité préférentielle à l’égard de la terre héritée de ses ancêtres, à l’attachement à son héritage humain : la langue, la coutume, devient le désir de rendre l’ensemble qui renferme la patrie, c’est-à-dire la nation meilleure et plus civilisée. Ce qui est un impératif démocratique pour l’État et ceux en ont la charge. Si la nation est considérée comme une « collectivité humaine transcendant les particularités ethniques, religieuses et même parfois linguistiques ; qui a une exigence vitale de son unité et de la solidarité indispensable de ses membres, le concept de patrie qui en est le fondement mobilise quant à lui les sensibilités affectives des individus. Cette mobilisation peut devenir un réflexe unitaire et de solidarité au sein de la nation, si elle permet à chacun de s’y retrouver affectivement dans son expression. 

La Patrie : La Nation

Nous avons appris, tout au long de l'histoire des grandes pensées occidentales qui dominent les temps modernes, que les êtres humains ne sont pas seulement des individus appartenant à la même espèce (animale) ; ils font également partie de collectivités spécifiques et diverses, au sein desquelles ils naissent et agissent. La collectivité la plus puissante aujourd'hui est ce qu'on appelle une nation, c'est-à-dire la coïncidence plus ou moins parfaite (mais jamais totale) entre un Etat et une culture. 

Le Gabon est le seul pays qui ne s'accorde plus le droit de parler de son identité ! Il faut restaurer ce droit inaliénable à tout être humain ; c'est un droit fondamental de l'homme. C'est un attribut de sa nature humaine. Il faut donc à notre société promouvoir nos valeurs traditionnelles, les transmettre par la famille, l'ethnie, l'école ; les défendre. Cela signifie aussi rappeler, recréer les règles de vie, de civisme propres à nos cultures authentiques. Lorsqu'on ne connaît pas ses racines, on est en grand danger de destruction comme peuple, groupement humain. Il est bon pour un homme, pour une nation d'avoir une ligne directrice, qui peut venir par exemple d'une foi religieuse, mais surtout d'une analyse politique profonde et cohérente. Une nation ne doit pas permettre à une autre de lui faire obstacle, lorsqu'elle répond à l'appel de son destin. Nous disons que le Gabonais doit être l'artisan de son propre destin, de sa propre histoire.

Un petit pays peut toujours lutter quand on lui prend son bois, son fer, ou son pétrole ;
 pas quand on lui prend son histoire.
 Si on lui prend les deux, ce petit 
pays est menacé de mort.

L'indispensable mutation de la société gabonaise, qui doit se situer à la fois au niveau des structures socio-politiques, et à celui des consciences, ne devra donc pas être uniquement une révolution du champ politique et social ; elle sera aussi et même d'abord une révolution culturelle : nous dirons une vraie « Renaissance » de la société gabonaise. Mais, pour que cette révolution salvatrice de notre Nation gabonaise ne soit pas une fois capturée et détournée par des visées contraires à l'intérêt de la Nation, qu'elle ne soit pas pervertie, qu'elle soit libératrice en restituant à notre peuple et à notre nation leur dignité, il s'avère important que nous tenions compte de cette recommandation du Christ : « Le vin nouveau ne se verse pas dans des vieilles outres ». Des institutions mille fois manipulées et vidées de tout contenu, sur la seule raison qu’il faut empêcher une large proportion du peuple, en l’occurrence les Fang, de faire obstacles aux visées coloniales et néocoloniales, c’est vouloir contenir les aspirations légitimes du peuple gabonais à la démocratie, en usant de cette vieille recette coloniale :
 la « terreur fang » !

La volonté de maîtriser notre destin nous conduit naturellement à l'exigence d'une citoyenneté active. La nation est donc effective dans le cadre d'un peuple qui conquiert et aménage son unité. Elle favorise et incite la polarisation d'un groupe de personnes autour de l'identité communautaire. La nation implique l'affirmation d'un groupe soit culturelle et civique, soit l'une ou l'autre. Cette identité communautaire est influencée et déterminée par le type de pouvoir politique et d'autorité étatique issue de ce pouvoir. Elle se caractérise également par le cadre des relations instituées par le type d'organisation commune, ou dans la faculté de combiner des informations, le savoir d'effets multiple, autrement dit de partager une clôture donnée. Mais, c'est surtout l'expression d'une personnalité commune, une certaine authenticité partagée et qui marque particulièrement cette communauté dans l'adhésion au même système de valeurs, dans la dépendance à un même héritage historique entretenu, dans la représentation d'un même destin. La patiente recherche de « vraies solutions » à tous ces problèmes que pose la consolidation d'une nation, cette élaboration de choix conscients qui est indispensable, ne peuvent émerger et s'effectuer valablement que de l'exercice permanent de la démocratie.

Tout être humain appartient à des groupes sociaux, dont les plus importants sont : les entités ethniques et les entités politiques. Nous appartenons tous, d'une part, à des communautés qui pratiquent la même langue, habitent le même territoire, ont une certaine mémoire commune, possèdent les mêmes coutumes (c'est en ce sens que les anthropologues emploient le mot « culture », en faisant ainsi un synonyme d'« ethnie ») ; et d'autre part à des communautés qui nous assurent des droits et nous imposent des devoirs,et dont nous sommes les citoyens. D'un côté les cultures, de l'autre les Etats.

La nation, elle, est une entité à la fois politique et culturelle. « Il y a donc le nationalisme culturel où s'affirme la qualité spécifique d'une nation et des oeuvres de cette nation et qui les distingue ; et il y a le nationalisme qu'on peut appeler civique et qui, dans sa forme égoïste, se résout en chauvinisme et se traduit parades, luttes douanières et des guerres économiques quand ce n'est pas la guerre totale ».









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