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dimanche 26 janvier 2014

Gabon : Nkoltang, trois mois après l’assassinat de Catherine.



Reportage de Jonas MOULENDA
Source : https://www.facebook.com/jonas.moulenda/posts/647528021975353?notif_t=notify_me


UN corps mutilé transporté sur une civière. Des taches de sang sur les habits. Une femme éplorée et ses enfants qui crient leur rage. Des blessures ouvertes. L’assassinat, le 27 octobre, de la petite Catherine Ekovone, 4 ans, demeure encore présent dans les esprits à Nkoltang, regroupement de villages situé à 30km de Libreville.


Trois mois après le crime rituel, le souvenir de la petite Catherine demeure plus que vivace. Les images violentes du corps meurtri continuent à trotter dans les têtes, à apitoyer et choquer les riverains, au-delà de leurs clivages ethniques. « Nous n’oublierons pas de sitôt ce crime abominable. Il restera longtemps gravé dans nos mémoires. Personnellement, j’avais été traumatisée à la vue du corps mutilé de la petite fille », explique Chantal, une jeune habitante de Nkoltang. 

Claude-Emery Massandé, l’assassin présumée de Catherine, l’avait déportée à son domicile aux confins du village. Il avait asséné un coup de machette au niveau du cou. La fillette  s’était aussitôt effondrée, morte. A l’aide d’un bistouri, le criminel avait prélevé la chair du cou. « C’est la pire de choses qu’on puisse faire à votre enfant. Si on avait rattrapé l’assassin, on l’aurait brûlé vif. C’était rageant de savoir qu’il a dépecé cette fille tel un gibier. Si la peine de mort existait encore, il fallait qu’il soit abattu à son tour », estime un notable de Nkoltang. 


DOULEUR

 Chez la mère de Catherine, samedi après-midi. L’atmosphère est lourde. Assise au milieu d’un corps de garde improvisé au milieu de la cour familiale, Martine Ave Mba, 70 ans, grand-mère de Catherine, ne dit mot. La septuagénaire semble plongée dans de noires ruminations. Elle est encore sonnée par l’assassinat de sa petite-fille à qui elle avait donné le nom de sa mère. « Je n’arrive pas à réaliser ce qui s’est passé », soupire la septuagénaire, le regard fixé vers le néant.

Augustine Bendoume, 42 ans, mère de la défunte, se trouve au salon en compagnie de sa fille, Cornelia et sa cadette, Véronique Afoupseng, venue de Ntoum. C’est à la terrasse où il y a plus d’air qu’elles vont recevoir les visiteurs. Les enfants y sortent des chaises plastiques. L’oncle de la défunte Catherine, Théophile Mba et la vieille Martine Ave Mba se joignent à elles. La venue des journalistes vient rompre le silence oppressant de la journée. Le sujet à aborder ravive un mauvais souvenir.

Dans la tête d’Augustine, ça ne tourne pas encore très rond. Elle reste pétrifiée par l’assassinat de sa fille. Son cœur est devenu une plaie ; il suffit de le toucher pour qu’il saigne. La nuit, la quadragénaire se lève souvent le visage en sueur après avoir fait un cauchemar. « Je rêve souvent de mon enfant me demandant de cesser de pleurer. Dans les rêves, elle me dit qu’elle est en sécurité où elle se trouve», avance la quadragénaire, la voix chevrotante. 

Tous les proches de la petite Catherine restent unis dans la douleur. Quand les moments sont forts, ils se prennent par la main. Se tiennent par les épaules. Se refilent les paquets de mouchoir. Sacré famille qui a décidé de faire, ensemble, le long et douloureux chemin que constituent le deuil de Catherine. Augustine reste abattue. Les cheveux coupés, elle dissimule à peine son affliction. Sa fille était une enfant toujours joyeuse. Partout où elle allait, elle émerveillait petits et grands. Sa mort fut une catastrophe pour ses amis, sa famille et, plus que tout, pour le pays qui s’en est ému à l’annonce du drame.


CHAGRIN

La famille de la fillette aurait aimé qu’elle grandisse et vive plus longtemps. « Chaque fois que nous pensons à elle, nos yeux se mouillent de larmes », explique Théophile Mba, l’oncle de la défunte. « Nous repensons tout le temps à la joie que nous avons éprouvée à sa naissance, lorsqu’elle nous fait son premier sourire, lors de sa première rentrée, et des innombrables moments de bonheur qu’elle nous a apportés », renchérit Cornélia Avé. Tout cela, rien, ni la mort, ne pourra jamais le leur enlever.

(Retrouvez le reportage intégral dans Echos du Nord de demain 27/01)










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