Débats Informations Echanges, dire la vérité rien que la vérité dans le respect de l'autre de sa dignité de ses idées et opinions. Nous sommes tous parents alors n'y a rien que l'on ne puisse se pardonner pour le bonheur de tous ensemble, unis nous vaincrons pour GABON D'ABORD.

vendredi 21 février 2014

Gabon - Pouvoir : Qui est-ce que Ali BONGO tente d'hypnotiser ?



Ecrit par Hyacinthe Marcel M'ba Allogho
Source : https://www.facebook.com/hyacinthemarcel.mbaallogho/posts/624784284243754

Il vous a bien eus. 

Avec une côte de popularité vis-à-vis de ses administrés qui troue le plancher, avec une image en lambeaux à l’intérieur du pays, Ali Bongo Ondimba avait réellement besoin d’une opération de communication pour se présenter une fausse image de démocrate à l’extérieur. D’autant que là-bas également, il n’a pas réussi à se bâtir une réputation de chef d’Etat exemplaire dont il aurait besoin au cas où il devait opérer un deuxième passage en force comme il le fit en 2009. Il s’est donc offert le canal de la Télévision gabonaise diffusée par satellite, une pléiade d’opposants présents à une cérémonie officielle à la présidence de la République et un bon prétexte : la remise d’un rapport sur la pauvreté au Gabon pour le partager avec la classe politique et la Société civile. C’est tout ce que la Communauté internationale lui demande : associer les acteurs de la vie politique du pays aux grandes décision et réflexions. Sauf qu’en l’occurrence, la classe politique qu’il s’est choisie et celle de l’encens, et la société civile, la sienne dite de service. Le monde entier a vu cette mascarade. Il en sort plus que satisfait. Puisqu’au-delà de ce qu’il a pompeusement baptisé ″le pacte de solidarité sociale″, il n’y aura ni action concrète, ni nouvelle orientation de de son DCRP. Comme tous les rapports précédents et les effets d’annonce qu’ils ont suscités, celui de Mckinsley &Co va finir, mourir de sa belle mort dans les tiroirs. Ali voulait ses films et ses photos, il les a eus. Elles ont fait le tour du monde. Elles vont encore et encore le refaire avec comme argument publicitaire le discours du président du parti 7MP qui dresse devant lui un bilan catastrophique de sa gestion.


Qui peut objectivement croire qu’Ali Bongo découvre soudain la pauvreté des Gabonais par le biais de ce rapport commandité, on ne sait d’ailleurs à quel titre, à son épouse ? A moins qu’il n’avoue avoir jeté aux ordures tout de l’administration de son père dont il a hérité le siège de la présidence. Nous nous souvenons tous qu’en décembre 2005, le ministre de la planification de l’époque avait remis à Omar Bongo Ondimba un Document Stratégique de Croissance et de Réduction de la Pauvreté. A comparer les chiffres donnés dans le rapport Mckinsley et ceux du DSCRP, rien n’a changé ni ne diffère. Mckinsley & Co établit à 30% le taux de pauvreté au Gabon, plus pointilleux parce que réalisé par des fonctionnaires, des membres de la société civile et du secteur privé gabonais qui vivent le problème eux-mêmes, le DSCRP lui le chiffrait à 33% il y a 9 ans. Quand il est établi que la population gabonaise croît d’un peu plus de 3% l’an et que le PIB/habitant est passé de 3000 dollars en 2005 à 10.000 dollars en 2014, on peut aisément affirmer que rien n’a évolué, que la situation a empiré et qu’un nouveau rapport méritant autant de publicité au point d’occulter le même travail qui existait pourtant ne se justifiait pas. Pis encore, une dépense supplémentaire pour refaire un autre rapport n'était absolument pas nécessaire.

Pour Ali Bongo, le Gabon profond doit être aussi éloigné que l’Australie au point où les réalités des Gabonais ne peuvent lui parvenir qu’au travers une étude et un rapport rédigé par un cabinet américain. Ce que font les Gabonais n'a jamais été bon pour lui. Au point qu’il donne l’impression malheureuse que ni son plan stratégique Gabon Emergent, ni le projet de société qu’il brandit à tout va comme le choix des Gabonais n’ont tenu compte de la précaire condition de vie des Gabonais et qu’il doit rectifier par le verbe cet oubli. 

Je dis par le verbe si on se réfère à la foultitude de promesses entendues de lui mais qui n’ont jamais franchi le seuil d’un début d’exécution. Les 50. 000 logements l’an dont le premier n’a toujours pas été livré cinq ans plus tard, la Zone Economique spéciale de Nkok concédé à Olam et qui reste un grand terrain vague quatre ans après une nocturne inauguration en grandes pompes sonores et lumineuses avec comme prestigieux invité le rappeur américain R kelly, la compagnie nationale aérienne restée dans les annonces, le Smig à 150.000 frs qu’il a pris soin de renier très vite, et on en passe.
Le plus terrible, cynique et à la limite du risible, c’est la décision qu’il prend pour réduire le fossé de la pauvreté au Gabon. C’est une infime catégorie des salariés de la Fonction publique qui va payer la facture. Comme s’ils en étaient les premiers responsables. Il a décidé de suspendre les Fonds Communs que perçoivent les agents des administrations génératrices de revenus pour l’Etat. C’est cynique par la soudaineté de la décision et son immédiate mise en application. C’est risible par le fait qu’à côté des charges qu’il crée pour l’Etat, les fonds communs ne représentent que de la gnognotte. Personne ne dira jamais à ceux qui vont regarder le film sur la gouvernance moderne et ″démocratique″ d’Ali Bongo que les Agences qu’il a créées pour se substituer aux administrations et qui échappent à tout contrôle sont de vertigineux gouffres à sous en termes de salaires et de dépenses de fonctionnement. Il continuera à présenter indûment le New York Forum for Africa comme la plateforme idéale d’échange d’expériences mais personne ne dira à l’international qu’il engloutit près de 65 milliards de francs à chacune de ses tenues dont la prochaine est prévue en mars après les deux dernières. Ça, ça ne se dit pas. Comme on ne dira jamais que l’un de ses tout premier Conseils des ministres avait annoncé l’acquisition par l’Etat gabonais d’un hôtel particulier à Paris destiné à accueillir les membres de gouvernement en mission en France, mais que le Pozzo di Borgo est en toute fin de compte sa propriété acquise contre 65 milliards de francs. Personne n’ose regarder Londres où il vient de s’acheter un autre hôtel particulier de 20 milliards de francs, personne ne voudra comprendre comment un pays avec un revenu par habitant équivalent à celui de la Turquie, 50 fois moins peuplé et où à son contraire, aucune école ne compte 100 élèves par classe, se sent obligé d’offrir 54 milliards de francs à l’Université américaine de l’Oregon qui en a absolument moins besoin que son propre système éducatif. Que dire des aides à la Somalie, à Haïti alors que les mêmes catastrophes se sont abattues sur de Gabonais qui n’ont rien eu de leur État ?
L’objectif est de montrer à l’extérieur que tout va bien au Gabon et que personne ne se plaint. Comme il n'entend que les applaudissements de ses ouailles quand il s'offre des distractions dispendieuses comme le carnaval de Brésiliennes nues ou presque, les courses de bateaux, les parcours de golf ou les séjours des équipes ou des vedettes de football. Oh, certes il y a des brebis galeuses comme Total qui vont publier des communiqués pour faire savoir que l’Etat leur réclame indûment un redressement fiscal de 400 milliards de francs. D’autres comme la Comilog murmureront sous cape qu’ils connaissent la même situation et qu’ils ne sont pas plus disposés à payer. Il y a aussi ceux qui n’ont pas la plateforme de publication et le même poids de rejet que Total et la Comilog. Pensez aux taxis de Libreville qui vont devoir payer un million et des centaines de mille de taxes pour pouvoir exercer. Pensez aux maraîchères qui vont dépenser au moins 300.000 frs de taxes. Tout va bien !!! Tellement bien que l’Etat fait du racolage pour renflouer ses caisses, contredisant de fait un agrégé d'Econmie qui prédisait il y a cinq ans l'assèchement du Trésor public.

Le tout à l’extérieur et rien pour les Gabonais est devenu une référence et un mode de gouvernance pour Ali Bongo en ravaleur de façades. Il applique surtout le bon adage qui veut que la charité bien ordonnée commence par soi-même. 

*Photo montage : Les affaires de nous memes nous memes





Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire