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vendredi 11 avril 2014

HOMMAGE A GREGORY : Les larmes de Marcel DJABIOH.





QUEL JEUDI NOIR, MON FRERE !!! 


A toi mon frère Grégory, à toi vaillant et perspicace combattant de la liberté


Très tôt ce matin du jeudi 10 avril, alors que je consommais encore mes dernières heures de sommeil, j’ai été réveillé par la mélodie de mon téléphone. Surpris de recevoir un appel aussi matinal, j’ai décroché sans chercher à savoir de qui provenait-il. Au bout du fil, une voix tremblotante à peine reconnaissable me dit, « Papa… papa…papa…, ton frère vient de nous quitter ! » J’ai sursaute de mon lit en répliquant, « quel frère ? » « Papa Grégory ! » me répondit-elle en pleure. C’est à ce moment que j’ai reconnu la voix. Celle de ta nièce et voisine. Pas sûr d’avoir bien entendu, je lui ai demandé de se calmer pour que je l’entende mieux. Alors elle m’a dit, « Papa, je viens de te dire que papa Grégory est moooooort ! » Puis elle s’est remise à pleurer.

Silencieux je suis resté, presqu’étourdi, bien sonné pendant quelques secondes, avant de lui dire que je n’ai pas encore perdu mes facultés morales, oublier que nous sommes encore au mois d’avril, mois des poissons de toutes tailles. Mon frère, ta nièce toujours en pleure, m’a copieusement engueulé tout en me disant, « Papa, je te dis que ton frère ; papa Grégory vient de mourir, et tu me parles de poisson d’avril, qu’est-ce qui te prends ? » A ce moment-là, j’ai réalisé que j’étais vraiment réveillé et que je ne rêvais pas. J’ai tout simplement poussé un soupire. Certainement le même que celui qui est sorti de toi à l’instant où tu rendais ton dernier souffle. Et j’ai dit ceci à ta nièce. « Ma fille, arrête de pleurer et sèche tes larmes. Les Héros et les artistes ne meurent jamais. Ton père était les deux et il a inscrit son nom dans la liste des immortels du Gabon et du monde. Sans fléchir le genou devant l’adversité, Grégory a mené le combat de l’intégrité, de la liberté et des droits de l’homme, pour un Gabon véritablement démocratique. Il y a à peine quelques semaines, enfermés dans mon studio d’enregistrement, entre deux chansons, nous évoquions encore les différents problèmes auxquels notre pays est confronté et comment des aveugles le conduisent droit vers un précipice.

Arrête de pleurer, ma fille, et sèche tes larmes car tu es la fille d’un combattant, d’un Héro qui par son indignation a gardé la tête haute et gravé son nom en lettres d’or, dans le grand livre de l’histoire du Gabon, pendant d’autre gravent les leurs avec du charbon et du sang, sur le fond des bacs à ordures de l’histoire de notre pays. Armons-nous de courage devant cette épreuve et pour sa mémoire, unissons nos forces pour continuer ce noble combat. Grégory ton père, notre frère, notre ami, notre oncle, vient de rejoindre les Héros des premières heures, combattants de la liberté et de la démocratisation de notre pays. L’artiste vient de tirer sa révérence, applaudissons son passage sur la scène politique gabonaise à en rompre les phalanges, gardons jalousement le manuscrit de la pièce et continuons chacun dans son rôle, avec encore plus de détermination que jamais, la lutte pour la défense de notre Patrie »

Alors, salut à toi Héro des premières heures. Salut à toi Héro des premières heures, Combattant de la liberté et de l'intégrité. Même si comme Moïse qui ne put voir la terre promise, tu n’as pu voir la libération de ton pays, repose en paix mon frère, car la lutte continue jusqu’à la victoire ; et cette victoire vers laquelle nous marchons désormais à grands pas, te sera dédiée en reconnaissance de tout ce que tu as fait pour le Gabon. Tu es à jamais dans nos cœurs Pa Gré.

Ton frère qui te fait la promesse d’achever avec tes filles, le travail que tu a laissé dans ses machines. Pour elles et moi, tu n’es pas mort.


Marcel DJABIOH








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