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mercredi 28 mai 2014

Démocratie ou Mammoncratie ?



Par Martin Edzodzomo-Ela


"Quand l’argent devient Mammon, puissance
 à laquelle on se confie"

L’argent nous hypnotise en nous demandant de lui faire confiance en toute chose ! La Parole biblique corroborée par l’actualité nous invite à déconstruire cette fascination.

La Bible nous donne un éventail de six puissances mauvaises – Mammon, le prince de ce monde, le prince du mensonge, le Satan, le diabolo et la mort. On peut faire une remarque à leur sujet. Quand on les compare, elles sont toutes caractérisées par leur fonction : l’argent, le pouvoir, le mensonge, l’accusation, la division, la destruction. Ces puissances mauvaises visent en premier chef cet homme particulier que Dieu choisit, celui à qui Dieu révèle son amour en Jésus-Christ La concentration des efforts de ces puissances mauvaises s’effectue particulièrement là où la grâce et l’amour de Dieu se sont exprimé le mieux.

L’argent, (dont la finance, la richesse matérielle) est devenu une puissance qui nous tient, qui nous asservit. Jésus parlait à cet égard de Mammon. Ce terme araméen signifie « richesse, fortune », mais avec une connotation d’emprise de pouvoir ; au sens d’une force qui nous possède ! Mammon correspondait donc à la richesse comme la puissance à laquelle on se confie, et c’est là justement que résiderait le piège : en nous confiant à elle, nous devenons dépendants. Elle devient notre maîtresse, notre dieu. Or : « Nul ne peut servir deux maîtres », dit Jésus, marquant ainsi une alternative claire : on ne peut servir Dieu et Mammon en même temps. 

Mammon, l’argent qui impose, comme loi des relations, l’échange, la vente, rien pour rien, tout se paie, tout s’achète. L’argent a plus tué d’âmes que le fer n’a tué de corps. 

Le prince de ce monde. Le monde n’est au Seigneur que dans le discernement et la foi et dans l’éloignement. Qui sont les possesseurs du monde ? L’homme, et le prince de ce monde qui dispose de tous les royaumes de la terre : les classes dirigeantes, tous les « squatter » qui apparaissent comme les maîtres. Ce n'est pas aux chrétiens que nous apprendrons le rôle néfaste que joua l'argent (trente pièces d'argent) dans la trahison du Christ. Ils doivent savoir en conscience que chaque fois qu'ils font jouer la puissance de l'argent là où la grâce aurait dû être : le choix à une fonction élective, problème de conscience par excellence est monnayé par ceux qui achètent et vendent les consciences des hommes, il devient une âpre conquête, une possession des âmes et une obsession dans la société pervertie par cette puissance de Mammon qui, attend patiemment que la foi défaille comme avec Judas l'Iscariote. Ces puissances de ce monde forment un tout avec la « politique » ; sous sa forme machiavélique de domination. Ainsi, selon la Bible cette « puissance spirituelle » majeure qu’est la « politique agit sous deux formes, avec deux forces ses instruments privilégiés : celle du diable, diabolos, qui est étymologiquement celui qui divise, qui désunit, qui est aussi Satan, qui signifie l’accusateur ; et aussi et surtout la toute puissance du « Mammon », l’argent. « L’argent a plus tué d’âmes que le fer n’a tué de corps. »

Le système féodal de la démocratie formelle à l'occidentale. 

Dans ce système, un candidat à la présidentielle doit disposer, d’un potentiel de campagne, d’un réseau de militants ou plutôt d’élus de tous poils : députés, conseillers des collectivités et autres maires de grandes villes. Ce système est calqué sur le modèle féodal : fidélité et protection. Comme les débats d’idées n’ont plus beaucoup de sens, pour ne pas dire qu’ils sont inexistants, la gestion des hommes, le reclassement des parents, de fidèles vassaux, constitue une question clé. Bien entendu, la créativité, l’innovation, la prise de risques n’ont plus guère de place dans cette concurrence entre des écuries construites sur le même modèle, et faisant allégeance au même maître. C’est ainsi que, la qualité du cheval de tête ne peut pallier la médiocrité moyenne produite par le système, l’arrivisme et parfois la course à la corruption pure et simple. Cette qualité du leader ne suffit pas à résorber la coupure entre les citoyens et les dirigeants, (voir la France des Sarkozy et consorts). Celui qui revendique l’ambition suprême dans ce système, s’entoure d’une cours de conseillers, de chef de réseaux, d’hommes de main capables de faire régner la discipline, d’hommes de coups indispensables pour utiliser les créneaux médiatiques, mais aussi d’intellectuels (ces idiots utiles). 

La richesse de cette cour est considérée comme
 un gage de succès.

 Ce phénomène de cour est déplorable : au lieu de créer des liens avec la population et de susciter des vrais débats, pluralistes et contradictoires, il constitue plutôt un écran, des coteries, des miroirs, autant d’instruments qui isolent le dirigeant, le flattent et renforcent son égocentrisme. A se voir ainsi sans ride, toujours brillant et séduisant, il coure le risque de flotter comme un somnambule sur une réalité qu’il ne connaît plus.

L’argent le nerf de la guerre pour accéder
 au pouvoir politique.

En France, le coût officiel d’une campagne présidentiel est énorme. Mais la campagne électorale est un état quasiment permanent : les déplacements officiels, l’utilisation des services techniques, les services de presse, certaines études voire même la mise en scène de coups politiques contribuent à la préparation des élections suivantes. Pour se faire connaître, il faut passer à la télé, dans les grands médias (radio, presse, magazine), visiter les territoires, les métropoles régionales, le pays profond. Il faut aussi recevoir, entretenir les contacts… Autant dire qu’un candidat qui joue les premiers rôles de la présidentielle doit disposer de moyens puissants, s’il ne dispose pas encore de pouvoir ni de fonds secrets. On voit déjà que cette donnée de base ramène les autres candidats, quelles que soient leurs qualités, à jouer les seconds rôles. Pour gagner ou conserver une circonscription de député, il faut pouvoir disposer d’une logistique, d’appuis locaux et de moyens financiers : la logistique est parfois fournie par des mises à disposition (vrais emplois fictifs déguisés, services du cabinet, etc.) Les appuis locaux sont indirects mais réels et permettent, pour l’établissement de relations avec la presse, les administrations territoriales (gouverneurs et préfets), parfois les directions d’entreprises bienveillantes qui vont fournir des occasions de rencontres, de contacts de haut niveau, d’article de presse, d’aide à la confection de dossiers. C’est en pratique le parti et quelques groupes de sympathisants avec les militants et les colleurs d’affiches sur qui le candidat doit compter. Mais de plus en plus, il a recours à une équipe de professionnelle. Ce travail d’implantation a un coût énorme. Pour faire d’un inconnu un incontournable, il faut non seulement un fort appui national, un grand protecteur, mais il faut aussi une logistique permanente. (En France, pour la conquête d’une circonscription, cinq ans de travail sont nécessaires, 2.000.000 F soit 200.000.000 de CFA).

Dans une bonne campagne, tout se pèse, tout se paie, car une équipe de professionnels coûte cher. Plus on a des chances d’être élu, plus on a de concours financiers, plus on trouve de la matière grise, des bras, des jambes et des têtes. Généralement il faut un appui national, un «parrain ». Malheur aux petits, aux indépendants, aux non-conformistes.

Financement mode d’emploi.

Le système financement de la vie politique est source de discriminations : En France, sur le papier, la République française permet à chacun de faire de la politique, d’être candidat, de tenter sa chance. En réalité, le succès politique ne doit rien au hasard. Il est impossible de se passer d’un appareil (de parti) ou d’un clan national puissant (une écurie présidentielle). A moins d’être riche ou d’épouser une femme ou un homme fortuné(e), à moins d’être déjà bien implanté localement le postulant à un mandat national doit disposer d’un droit de tirage de plusieurs dizaines de milliers. Bref, c’est le règne de la ploutocratie (le pouvoir des riches) ou de la techno-bureaucratie. Les financements nécessaires peuvent provenir de quatre sources distinctes et complémentaires.(Le Gabon de Bongo a été pour tous les partis politiques français et les candidats à la présidence une de ces sources).

Première source : Le financement légal de campagnes électorales qui permet de payer les frais directs de campagne et la prise de risque. Tout candidat, tout parti politique peut présenter un candidat, ses frais directs seront remboursés s’il atteint un score d’au moins 5% des inscrits. Le montant perçu permet de payer l’imprimeur et le coût d’une campagne militante, mais no pas de payer ce qui constitue aujourd’hui l’essentiel du marketing politique : l’étude de marché, la transformation du candidat e produit adapté, la mise en place d’une plate-forme qui assure les aspects relationnels et les conditions d’une présence visible du candidat sur le territoire convoité.

Deuxième source : ’apport financier du parti qui dispose de ressources spécifiques.

Troisième source : Le parti au pouvoir utilise la ligne des fonds secrets.

Quatrième source : Enfin, les entreprises. Tous les partis réputés susceptibles d’occuper le pouvoir disposent de la bienveillance des secteurs économiques liés directement ou indirectement à la conduite des affaires politiques. 

Ajoutons une cinquième source pour les hommes politiques français: les réseaux de la Françafrique avec leurs mallettes – Proche de Sarkozy après 'avoir été de Chirac et Villepin, Robert Bourgi a dénoncé récemment le versement d'argent liquide à des personnalités politiques françaises par des chefs d'État africains; ce qui n'était plus qu'un secret de polichinelle pour ceux qui vivent la France-à-fric ! 

Compte tenu du déclin des idéologies et des valeurs civiques, l’argent est devenu une finalité de l’action politique et une valeur de référence dans le succès d’une carrière politique. L’argent, nerf de la guerre, on comprend vite. Car on mesure assez bien l’évolution du coût des dépenses, des campagnes, des conquêtes de territoire, des lieux de pouvoir… et du pouvoir suprême.

Cet argent qui transformé en Mammon devient un drôle de truc, la cause de tous les maux. L'argent pour lequel, pour en avoir, les hommes tuent, meurent, volent et se prostituent. Un fric comme on dit, qui salit et qui contamine. L'argent a effectivement, de cent façons, corrompu la société humaine. 

En Afrique, c'est particulièrement le cas du Gabon, où c'est la politique du ventre, le problème se pose de la même façon que dans les démocraties occidentales, mais d'une façon plus caricaturale. En effet, depuis l'institution des "démocratures", qui ont amené les mascarades électorales, le coût des campagnes est très élevé et n'est pas à la portée du candidat sans fortune financière. De nos jours, en Afrique également, comme dans les sociétés capitalistes, nul ne peut concourir valablement à une élection présidentielle, aucun parti ne peut affronter une élection législative s'il ne dispose de beaucoup d'argent. Les besoins de campagne électorale se chiffrent en milliards de francs CFA, et l'on ne trouve de telles sommes – on liquide – que chez les chefs d'Etat enrichis sur les fonds publics, appuyés des dirigeants d'entreprises nationales ou/et des groupes internationaux. Dans le cas de nos hommes politiques, la problématique des ressources est cruciale : ceux qui auront accumulé préalablement d’une manière ou d’une autre, en général de l’Etat : "Au Gabon, toutes les fortunes viennent de l'État. Elles sont nées de la corruption". Ainsi, pour être donc en mesure de redistribuer, il faut appartenir au système, et pour s’enrichir grâce à la corruption, et au détournement des fonds public. Alors, ils peuvent demeurer davantage dignes de crédibilité transactionnelle, par rapport à ceux qui ont pour unique atout un savoir, des qualités morales et qui sont capables de promouvoir une éthique véritable du vivre ensemble. C’est un des facteurs les plus déterminants qui empêchent le processus de démocratisation de progresser en Afrique. Les dictateurs ayant capté toutes les ressources du pays, les utilisent aux fins de distribution clientéliste, et de corruption, pour contrôler toute l’asphère politique, ainsi, ils se pérennisent à loisir au pouvoir. C’est ainsi qu’on pourra penser que, si ce système de patronage, venait de n’être plus à même de rétribuer suffisamment les principaux représentants intermédiaires qui garantissent les soutiens de la base, il s’exposerait à une “dé-légitimation” rapide. Mais ces crises liées au tarissement des possibilités d’irroration ne signifient nullement que l’on va passer à de nouvelles règles de jeu. Éventuellement, on remplacera un patron par un autre, mais selon les bonnes vieilles attentes particularistes. C’est pourquoi les éternels prébendiers se tirent en général plutôt aisément de telles situations et finissent par se maintenir à leur fauteuil.

C'est ainsi que l’intégrité politique fait défaut à tous nos leaders politiques : ceux qui sont au pouvoir, comme ceux qui prétendent être des opposants. On se demande parfois s’ils savent réellement les uns et les autres ce que signifie intégrité politique, car ils n’ont pas cessé de mentir au peuple. Dans l'asphère politique gabonaise, l'argent est devenu la valeur principale contre toute éthique. C'est ainsi que s'est développé l'idée selon laquelle ceux qui comptent sont ceux qui ont des moyens financiers. Or ceux-là sont malheureusement tous des enrichis des deniers publics au détriment du peuple rendu clochard.

Apologie de la démocratie par Périclès.

«Notre constitution politique n’a rien à envier aux lois qui régissent nos voisins ; loin d’imiter les autres, nous donnons l’exemple à suivre. Du fait que l’État, chez nous, est administré dans l’intérêt de la masse et non d’une minorité, notre régime a pris le nom de démocratie. En ce qui concerne les différends particuliers, l’égalité est assurée à tous par les lois ; mais en ce qui concerne la participation à la vie publique, chacun obtient la considération en raison de son mérite, et la classe à laquelle il appartient importe moins que sa valeur personnelle ; enfin nul n’est gêné par la pauvreté et par l’obscurité de sa condition sociale, s’il peut rendre des services à la cité. La liberté est notre règle dans le gouvernement de la république et, dans nos relations quotidiennes, la suspicion n’a aucune place ; nous ne nous irritons pas contre le voisin, s’il agit à sa tête ; enfin nous n’usons pas de ces humiliations qui, pour n’entraîner aucune perte matérielle, n’en sont pas moins douloureuses par le spectacle qu’elles donnent. La contrainte n’intervient pas dans nos relations particulières ; une crainte salutaire nous retient de transgresser les lois de la république ; nous obéissons toujours aux magistrats et aux lois et, parmi celles-ci, surtout à celles qui assurent la défense des opprimés et qui, tout en n’étant pas codifiées impriment à celui qui les viole un mépris universel. En outre pour dissiper tant de fatigues, nous avons ménagé à l’âme des délassements forts nombreux ; nous avons institué des jeux et des fêtes qui se succèdent d’un bout de l’année à l’autre, de merveilleux divertissements particuliers dont l’agrément journalier bannit la tristesse. L’importance de la cité y fait affluer toutes les ressources de la terre et nous jouissons aussi bien des productions de l’univers que de celles de notre pays.»

Nous voici, dans les démocraties occidentales actuelles (sous le règne de la ploutocratie (le pouvoir des riches) ou de la techno-bureaucratie, ce que je désigne par Mammoncratie), comme dans leurs ersatz africaines, loin de l'idéal athénien; selon lequel: 
Du fait que l’État, chez nous, est administré dans l’intérêt de la masse et non d’une minorité, notre régime a pris le nom de démocratie.

Mais en ce qui concerne la participation à la vie publique, chacun obtient la considération en raison de son mérite, et la classe à laquelle il appartient importe moins que sa valeur personnelle ; enfin nul n’est gêné par la pauvreté et par l’obscurité de sa condition sociale, s’il peut rendre des services à la cité.

Parmi celles-ci, surtout à celles qui assurent la défense des opprimés et qui, tout en n’étant pas codifiées impriment à celui qui les viole un mépris universel.

Pour aspirer à la démocratie véritable, il faut donc s'attaquer à ce problème du rapport de l'argent avec l'action politique, c'est-à-dire du financement des partis politiques, et des campagnes électorales; et de libérer la démocratie en Afrique noire de cette domination maléfique de l'argent. L'Afrique sur ce chapitre est en mesure d'innover. En lieu et place de la "démocratie à l'occidentale", sous domination de l'argent: véritable "Mamonncratie", nous pouvons faire un retour à ses origines athéniennes, en faisant que l'engagement politique soit une vocation, et qu'elle cesse de nécessiter des coups d'investissements financiers, que le postulent se voit obligé d'engager. Car, dans l'état actuel des choses, les coûts de l'engagement dans l'action politique doivent être considérés comme malsains et immoraux. On doit se demander comment les financements de l'élection d'un candidat sont-ils payés en retours ? On peut facilement imaginer que ces financements sont largement rétribués par des contrats que le candidat parvenu aux affaires (ministre ou président de la république) accorde par la suite. On voit donc que tel que cette démocratie dont l'argent est "le nerf de la guerre", fonctionne, elle engendre en elle tous les vices qui la gangrènent, et qui ont pour noms: corruption, détournement, atteinte aux intérêts supérieurs de l'Etat. 

Il serait salutaire que la société africaine moderne se bâtisse sur la base d'une éthique qui fasse tout pour empêcher Mammon d'établir sa loi dans la relation humaine. Je suis stupéfait par la totale impunité dont bénéficient ceux qui adorent le Veau d'or. Tout à coup, on devient bon pourvu qu'on rapporte de l'argent. Nous devons bâtir une société humaine dans laquelle, il devient insignifiant d'être opulent en argent aux regards d'autres valeurs, d'autres critères de réussite à développer, d'autres projets de vie.

Source : https://www.facebook.com/martin.edzodzomoela.3/posts/1497085397169803






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